Le texte qui suit devrait être lu avec les musiques qui étaient présentes pendant le tournage de la scène, avec les musiques qu'elle écoutait quand elle a écrit.( La scène a été ressenti avec chaque morceaux, un par un)
Elle a encore le coeur qui bat aujourd'hui, elle va le rejoindre, Café des Artistes...Elle court presque dans les rues, ses chaussures font trop de bruit, deux chocolats chauds seront bientôt bu et ce sera trop tard.
Il se croit dans un film, un roman, il la voit arriver au loin, fade, futile, fictive. Il détourne le regard, il a la nausée, il pense à L'absente.
Elle, elle se croit dans un film, un roman, elle le voit assis au loin, personnage obscur, brûlant,beauté froide,Don Juan, philosophe et amoureux. Elle se sent belle, élancée, timide...Café des Artistes...En vérité elle est petite.
Il a encore l'écho des yeux qu'il a vu hier, des yeux vivants, des yeux qui ont ému son âme...son âme, ces temps si éteinte.
Celle qu'il attendait, ces yeux, la belle italienne, ne viendra plus, ils ne se reverront plus.
Divine Comédie.
Il sent le poid de l'absence de l'Absente trop pesante.
Elle, elle l'écoute encore amoureuse quand il l'empoisonne de ces mots trop vrais, quand il crache son venin, quand il désire l'étrangler, la réduire en poussière, la salir, l'insulter, ne plus voir son corps grossier. Son corps, blasphème pour la beauté de cette nuit. Son corps ordure, araignée! Et ordure, ordure toute sa personne qu'il ne connait plus!
Elle se tait...Il l'intimide, elle ne trouve plus de mot, elle n'en a jamais trouvé comme elle n'a jamais jouis avec lui. Perverse Fascination! Vaine Pudeur. Puerile recherche de perfection.Elle jouissait du plaisir de se voir avec lui, de le voir lui faire l'amour, et de sentir son odeur sur elle."Oh comme ce parfum vous va à merveille!"
Elle essaye de sourire, sourit.
Le fond de la tasse est vide depuis longtemps maintenant.......
Il a froid.
Ils ne se reverront plus.
Elle se lève, c'est la scène finale, un dernier regard, un dernier mot, son prenom.
Elle part...Elle fait attention à sa marche, son air, les plis, les sonorités, le mouvement de son manteau, de ses cheveux, de chaque pas,de chaque souffle. Elle se dit qu'il pourrait la regarder, elle se regarde elle même, elle s'imagine étant la fille du roman qu'elle ne fait que lire, elle ne veut vivre que pour aimer, que pour donner, que pour la passion et l'art. Mais il ne la voit déjà plus et il a refermé le livre, Anaïs est l'Absente.Elle, elle est courant d'air inutil. Elle tourne au bout de la rue...S'arrête un instant...On ne la voit plus.Elle n'a pas trop mal, c'est un film! Mais elle trouve jolie d'avoir des larmes au bord des yeux.
Elle marche. Le temps d'avoir assez froid pour ne plus sentir ces doigts qui tentent d'écrire un poème sur la toile des possibilités.
Elle marche,étourdie et douloureuse par le venin mais heureuse d'être plus vivante, de se sentir vibrante,envoutée, froide et brûlante et de trouver la scène, le décors beaux. Elle voudrait qu'il l'observe ainsi, caché derrière les murs, la suivant. Je crois même qu'elle a encore cet espoir, et qu'elle soigne ses gestes,son odeur, ses yeux.
Elle poétise l'atmosphère, son regard cynique, elle métamorphose les insectes, sublime les instants, le ciel gris , joue avec le temps et les larmes...car avant d'être amoureuse de l'homme encore assis là-bas, elle aime ce qui le rend poésie et ce qui la rend poésie, même dans le rôle de la charogne!
Il y a mille et mille Monde!
Oh mon cher comme ce parfum vous va à merveille! Je me ferai votre tendre assassin, je tuerai les insectes sous votre peau. Et j'aurai en mémoire chaque mouvement, chaque émoi de votre flamme... J'en ferai peut-être des ébauches cendrées. Elle aime ce qui le rend poésie et ce qui la rend poésie...
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